C’est la première fois que notre anniversaire a lieu après le changement pour lequel, le RPG s’est toujours et tant battu.
Aussi devons nous rendre d’abord hommage à tous nos militants disparus, blessés et réprimés.
A leur mémoire ainsi qu’à celle d’un illustre combattant africain récemment décédé, notre compagnon de lutte, le président Abel GOUMBA que le Chef d’Etat centrafricain, le général Bozizé a qualifié de «Monsieur mains propres » ainsi que pour tous les patriotes guinéens, notamment les jeunes tombés au cours des événements de juin 2006 et janvier février 2007, je demande une minute de silence.
Le Slogan du RPG a toujours été le CHANGEMENT.
Changement pour un meilleur avenir pour le peuple guinéen particulièrement les femmes, les jeunes, les paysans et tous les travailleurs.
Il s’est toujours donné pour objectif principal d’unir les patriotes guinéens par delà les régions, les ethnies et les confessions religieuses autour de cinq (5) points essentiels :
C’est pourquoi, nous avons combattu, sans compromission, la politique de feu Lansana Conté (que Dieu ait son âme) qui était à l’opposé de ce programme de société, et aussi, nous avons été soutenus par les guinéens toutes composantes confondues.
La Guinée, nous le verrons était promis à un bel avenir à la fin de la 2è guerre mondiale. Comment expliquer donc que nous soyons, aujourd’hui, l’un des pays les moins développés d’Afrique avec toutes nos potentialités ?
Les causes profondes de cet état de fait sont :
Ce fléau, véhiculé principalement par des intellectuels en mal de base populaire et par des notables, a contribué à déchirer le tissu social. Le RPG convaincu que la Guinée ne peut être construite que par l’ensemble des guinéens a joué depuis, le début de son implantation, la carte du Rassemblement. C’est le lieu de rappeler et de rendre un hommage mérité aux jeunes Konos de Lola, Guerzés et Bagas qui ont joué un rôle déterminant dans l’implantation première du RPG dans la période de la lutte clandestine.
C’est cette orientation qui vaut aujourd’hui au parti d’être implantés massivement et solidement sur toute l’étendue du territoire national.
Le RPG a toujours été caractérisé par sa constance, ce qui a valu à nos militants et sympathisants une répression barbare. Nous pouvons dire hormis l’ANC d’Afrique du Sud et l’UPC du Cameroun, aucun parti d’opposition en Afrique n’a été autant réprimé que le RPG.
Après nous avoir volé notre victoire en 1993, le défunt président nous a proposé le poste de premier Ministre avec la moitié des postes ministériels. Des témoins existent pour le confirmer.
Nous avons catégoriquement refusé. Aussitôt, on a inventé un prétendu complot. Des jeunes officiers furent arrêtés. Face à la détermination de leur troupe, le pouvoir a été contraint de les libérer.
Le deuxième fléau de notre pays c’est la corruption. Jusqu’en 1995, la corruption était disons artisanale et concernait surtout les fonds affectés à l’agriculture.
C’est avec l’ère des premiers ministres que nous sommes rentrés véritablement dans un système élaboré de corruption, disons scientifiquement organisé.
Lutter contre la corruption a toujours été l’une des préoccupations principales de notre parti, le RPG.
C’est pourquoi, nous soutenons fermement le CNDD et son Président le capitaine Moussa Dadis Camara dans sa lutte pour l’audit et contre les narcotrafiquants.
Et nous ne ménagerons jamais aucun effort à tous les niveaux pour convaincre les partenaires au développement, d’accompagner le CNDD, comme nous l’avons fait lors de notre dernier et bref séjour en Europe (Bruxelles et Paris), pour une transition pacifique et apaisée.
Nous continuerons à le faire et souhaitons vivement que l’ensemble des militants et militantes du RPG le sachent et le comprennent.
Le 3è fléau est la démission et l’irresponsabilité d’une certaine élite.
D’abord le défaut principal est l’absence de patriotisme et de culture historique. C’est ainsi qu’on jette le bébé avec l’eau du bain. On ne fait jamais le bilan du passé, afin de garder les aspects positifs. Nous pouvons constater ainsi qu’un des meilleurs plans de développement de la Guinée avait été élaboré par le gouverneur colonial Roland Pré. Je cite : « Les facteurs qui interviennent pour la transformation de l’Afrique jouent d’une manière encore plus prépondérante pour la transformation de la Guinée. Ses incroyables richesses naturelles : mines, énergie hydro-électrique, lui permettent de mettre sur pied immédiatement ses exploitations minières et, ultérieurement une grande industrie lourde, base de toute activité moderne. Remarquons à cette occasion le caractère exceptionnel des gisements guinéens, en grandes masses, faciles à exploiter en carrière, à proximité de la mer, le profil et le régime d’étiage de ses rivières faciles à équiper à peu de frais en centrale au fil de l’eau. Ses ressources agricoles et son climat lui permettent de nourrir et de faire vivre, à un haut standard de vie, les populations européennes et africaines qui animeront son industrie. Ses rizières aménagées rationnellement non seulement approvisionneront largement les populations mais pourront encore alimenter un important commerce d’exportation ; quant à l’élevage, les plus brillantes perspectives lui sont ouvertes par la création de pâturages stables et l’amélioration du cheptel, particulièrement dans le massif du Foutah au climat éminemment favorable ». La première République l’a hélas ignoré pour le plus grand malheur de la Guinée.
Les FAPA (Fermes Agropastorales d’Arrondissements), bien diagnostiquées et améliorées auraient permis un véritable développement de l’agriculture. La 2è République au lieu de les reprendre et de les améliorer les a liquidées sans aucune enquête préalable.
Pour développer un pays, il faut d’abord deux choses : l’imagination et la volonté. Ces deux choses ont manqué à l’élite guinéenne.
Ceux qui ont dirigé le pays se sont contentés d’être des perroquets du FMI et d’autres institutions.
Depuis 1960, on aide l’Afrique, et nous sommes plus pauvres aujourd’hui, c'est-à-dire après 50ans d’aide.
Tout cadre conscient et patriote aurait dû se poser la question : pourquoi cela ? Au lieu de cela, notre élite dirigeante a fait du zèle pour être considérée comme un bon élève par le FMI.
Pourtant en avril 1980, il y a eu une tentative de réflexion approfondie à l’échelle du continent africain avec le plan de Lagos. Il s’agissait, je cite de « promouvoir une nouvelle politique africaine de développement, centrée sur l’être humain et capable de l’aider à assumer son identité au lieu d’avoir à les subir ». Il en est sorti un projet opérationnel comportant des actions à mener dans de nombreux domaines clés : l’alimentation et l’agriculture, l’industrie, les ressources naturelles, les ressources humaines, les transports et les communications, les questions commerciales et financières, la coopération économique et technique, l’environnement. Quant aux pays les moins avancés, il s’agissait de : l’énergie, la femme, la population.
Il a suffit du rapport d’un cadre dirigeant du FMI pour enterrer le projet de Lagos. « Le rapport BERG » devenait ainsi la Bible et unique cadre d’analyse valable et recevable. S’ouvre alors l’ère des PAS, Plan d’Ajustement Structurel.
Après vingt (20) ans de différents PAS, quel résultat ? Il faut dire que le FMI est comme un médecin. Un médecin n’oblige personne à venir le consulter. C’est le malade qui va chez lui. C’est la mauvaise gestion qui fait de nos Etats des malades qui ont besoin de la thérapie du FMI. Alors quel résultat ?
Nos pays se retrouvent avec un PIB par habitant inférieur à celui d’avant et avec des indicateurs sociaux inquiétants.
La liquidation anarchique des entreprises, la libéralisation sauvage et la privatisation ont plutôt appauvris nos pays que créer de la valeur ajoutée.
Comme l’écrit un auteur : « Dans la plupart des PMA africains, la stagnation de la productivité agricole, la désindustrialisation, la réduction des effectifs de la fonction publique et la baisse des revenus formels réels expliquent le mouvement d’informalisation qui concerne les sociétés dans leur ensemble sous le quadruple effet de l’ajustement, du bureaucratisme, du patrimonalisme et de la mauvaise gestion des ressources humaines ».
Aussi a-t-on abandonné les PAS au profit de PSRP (Programme Stratégique de Réduction de la Pauvreté) et de l’OMD (les Objectifs du Millénaire pour le Développement). Quel bilan pourrons-nous tirer de toutes ces années ?
L’écart des revenus par habitant, entre les pays les moins avancés et les pays de l’OCDE, qui était en 1980, de un à trente (30) s’établissait en 2002 de un à quatre vingt (80).
Les chiffres d’affaires des deux entreprises mondiales dépassaient le PIB de l’Afrique tout entière.
L’aide à l’Afrique a servi en réalité à enrichir les multinationales, les potentats africains, les cadres nationaux corrompus et à payer des salaires exorbitants à toute une cohorte d’assistants techniques. C’est pourquoi, le RPG a toujours eu comme programme la lutte contre la corruption à travers les audits, de poursuivre les narcotrafiquants et les faux monnayeurs. Il va donc de soit que le RPG ne pouvait pas ne pas soutenir le CNDD et son Président le Capitaine Moussa Dadis Camara dans leur combat courageux contre les narcotrafiquants et les cadres corrompus. Aussi, c’est pourquoi nous avons demandé et nous demandons aux militants et sympathisants du RPG de les soutenir.
La Guinée est le seul pays de la sous région à notre connaissance où des premiers Ministres et des ministres se vendent à eux-mêmes, à des prix insignifiants, des domaines publics. C’est pourquoi, le RPG soutient le colonel Mathurien Bangoura, ministre des Postes et Télécommunications, dans sa lutte résolue pour le retour de ces biens à l’Etat.
Nous pouvons dire que la crise mondiale actuelle malgré ses conséquences désastreuses, est une bonne chose. Elle va nous obliger à nous réveiller et à prendre nos responsabilités.
Le Président LULA du Brésil a dit, je cite « cette crise nous réveille, c’est une stimulation. Elle me fait vibrer, m’excite, me donne envie de me battre. Plus elle est grave, mieux il nous faut investir pour en sortir ».
Aussi le RPG va d’abord s’appliquer à définir un véritable programme de développement. En effet, la question que tout cadre patriote et conscient doit se poser est : quelle politique économique peut nous permettre de décoller ?
Au lieu de nous abreuver avec les thèmes comme : « grands équilibres macroéconomiques » qui ne servent qu’à faire plaisir à nos partenaires, et à enrichir nos cadres dirigeants pendant que nos pauvres populations croupissent dans la misère, ne peuvent ni se soigner ni assurer à leurs enfants une éducation décente et, que nos jeunes sont condamnés au chômage, nous devons plutôt, nous atteler à définir et mettre en pratique une politique réaliste qui permet à nos populations d’accéder progressivement à un mieux être.
Les priorités du RPG sont :
A court terme , nous devons nous pencher sur la situation particulière des femmes et des jeunes.
Nous savons que les femmes sont les chevilles ouvrières de nos familles donc de notre société. Pour cela, il est absolument nécessaire qu’elles soient soutenues et encouragées dans leurs actions notamment économiques en leur permettant d’accéder au crédit par le biais des structures de microcrédits comme Yètèmali et d’autres qui sont à créer. Nos mamans, sœurs et épouses savent que certaines d’entre elles ont enduré du tant de Lansana Conté à ce propos (dire en soussou : certaines ont été arrêtées pour n’avoir pas pu rembourser leur dette à temps). Mais aujourd’hui, Yétèmali se porte mieux et il faut l’encourager et aider au renforcement de son capital.
Il en est de même des jeunes : cette force dynamique qui constitue l’avenir de notre pays est aujourd’hui LAISSER POUR COMPTE . Il faudrait que cette situation injuste change avec le changement futur qu’ils aspirent tant. Ils ont payé un lourd sacrifice sous le régime Conté notamment au cours des évènements dramatiques de juin 2006 et janvier février 2007 par des pertes en vie humaine (plus de 300) et des milliers de blessés graves. Cette jeunesse a besoin d’éducation, de formation fiable, d’emploi et de maîtrise absolue des nouvelles techniques comme l’informatique etc. A ce propos, combien d’écoles ou d’universités guinéennes disposent d’ordinateurs suffisants pour ses étudiants alors, qu’on sait que sans cet outil indispensable de leur société, toute formation demeure incomplète. Le RPG s’engage à tout mettre en œuvre pour pallier à cette triste situation quand le peuple de Guinée lui confiera sa destinée. C’est un engagement solennel et non démagogique. Comme vous le savez, nous n’avons jamais pris d’engagements à la légère.
Vive les femmes guinéennesJe vous remercie
Conakry, le 17 mai 2009 Pr. Alpha CONDÉ