Alerte de l'armée pour le Sud du pays
Conakry, Guinée - Le Premier ministre guinéen, Jean-Marie Doré, a révélé, mercredi, que l'armée nationale était en état d'alerte pour réprimer à N'Zérékoré (Sud) toute manifestation de soutien à l'endroit de l'ancien chef de la junte, Moussa Dadis Camara. S'exprimant au cours de sa première conférence de presse depuis sa nomination en février dernier à l'issue des accords de Ouagadougou du 15 janvier 2010, le Premier ministre a mis en garde "tous ceux qui tenteront de saboter le processus de la transition" et dit que l'armée allait user de ses moyens pour annihiler leurs actions et permettre l'organisation de la présidentielle le 27 juin prochain à laquelle, a-t-il précisé, il ne sera pas candidat.
Le Premier ministre, qui a démenti les rumeurs realtives à un désaccord entre lui et le président par intérim, le général Sékouba Konaté, a affirmé que "des groupuscules irresponsables" se réclamant de Dadis Camara s'agitent à N'Zérékoré, tiennent des réunions secrètes et annoncent qu'il n'y aura pas d'élection le 27 juin (1er tour de la présidentielle) tant que l'ancien chef de la junte ne rentre pas au bercail. Ce dernier est en repos médical au Burkina Faso depuis janvier dernier en provenance du Maroc où il a été soigné après avoir été blessé par balles dans une tentative d'assassinat, le 3 décembre dernier, par son aide de camp Aboubacar "Toumba" Diakité. "Dadis dit qu'il ne reconnaît pas ces groupuscules qui parlent au nom des forestiers. Ils risquent d'exposer la vie de paisibles citoyens si une répression devrait être faite à leur encontre", a prévenu M. Doré.
Abordant le processus de restructuration des forces armées et de défense, recommandé par les accords de Ouagadougou sous l'égide du facilitateur, Blaise Compaoré, il a indiqué que le camp de Kaléya, en Basse Guinée, non loin de la frontière avec la Sierra Leone, a été fermé récemment parce que "des individus proches de Dadis" avaient commencé à s'agiter et à commettre des actes d'indiscipline. On rappelle que le nouveau chef d'état-major général des Armées, le colonel Nouhoum Thiam, avait annoncé au moment de la fermeture du camp de Kaléya que plusieurs recrues interpellées seront traduites devant la justice.
Conakry - Pana 29/04/2010