Guinée : SITUATION A BISSAU, CONAKRY ET NIAMEY : La Cedeao exprime sa préoccupation

Source : Néoleadership : Dernière Mise à jour : 23/06/2009 (Auteur : )

Abuja - Les dirigeants de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cedeao), réunis lundi en sommet à Abuja, se sont dits "préoccupés" par la situation politique en Guinée-Bissau, en Guinée et au Niger, trois Etats membres de l’organisation.

Dans une déclaration finale lue par le président de la Commission de la Cedeao, Mohamed Ibn Chambas, le sommet a réaffirmé son "engagement à lutter contre l’impunité en Guinée-Bissau". Le président de ce pays, Joao Bernardo Vieira, a été assassiné le 1er mars et une présidentielle est prévue le 28 juin. Cette date a été maintenue en dépit des assassinats le 5 juin par des militaires du ministre de l’Administration territoriale et candidat Baciro Dabo et de l’ex-ministre de la Défense Helder Proença.

Les dirigeants ouest-africains ont condamné ces assassinats et "exhorté toutes les parties prenantes" au scrutin du 28 juin "à prendre toutes les dispositions nécessaires en vue de garantir un environnement de paix pour la tenue des élections libres, transparentes et crédibles". Le sommet, auquel participaient onze présidents des quinze Etats membres de la Cedeao, a par ailleurs entériné l’idée d’organiser à Abuja une conférence internationale des bailleurs de fonds après le scrutin.Les participants ont aussi exprimé leurs "vives préoccupations" face aux "risque de dérives qui pourraient découler des récents évènements autour de la Constitution" du Niger.

Le président Mamadou Tandja, qui souhaite rester au pouvoir au-delà de son dernier quinquennat, a convoqué un référendum sur une nouvelle Constitution. Son projet a été rejeté tant par la Cour constitutionnelle que par la Commission électorale nationale.

Cependant, le Premier ministre nigérien Seïni Oumarou, qui représentait son pays à Abuja, a "rassuré" le sommet en assurant que "toutes les parties prenantes (continueraient) d’œuvrer dans le cadre du respect de la légalité constitutionnelle (...) et qu’aucune action en violation de la Constitution du Niger ne sera prise", selon la déclaration finale.

Au sujet de la Guinée, où les militaires ont pris le pouvoir en décembre 2008 après le décès du président Lansana Conté, le sommet a exprimé son "inquiétude quant au manque de progrès constaté dans la mise en œuvre" du calendrier prévoyant le retour à l’ordre constitutionnel. La junte au pouvoir a promis des législatives en octobre et une présidentielle en décembre, mais les choses ont pris du retard. Préoccupés par l’impact de la crise économique mondiale, les dirigeants ouest-africains ont aussi souligné l’importance d’approfondir leur processus d’intégration régionale lors de leur réunion d’un jour qui s’est déroulée à huis clos.

Au sujet des Accords de partenariat économique (Ape) en cours de négociation avec l’Union européenne, ils ont "exhorté les négociateurs en chef à finaliser les questions encore en suspens".

Source AFP-Abuja