Rabat : Le capitaine Dadis serait transféré dans une Résidence privée

De sources médicales marocaines, non officielles, le chef de la junte aurait quitté hier vendredi 25 décembre l’hôpital royal militaire Mohamed V pour une résidence privée à Rabat. Son état de Santé qui n’a considérablement pas évolué, l’oblige à rester sous assistance respiratoire et constamment couché sans possibilité pour lui de communiquer.

C’est dans cet état que le célèbre patient guinéen aurait quitté son lit d’hôpital pour sa nouvelle résidence secrète, vraisemblablement sous surveillance policière. Cette information, si elle est vérifiée, confirmerait la thèse du site www.newstimeafrica.com reprise et traduite de l’Anglais dans nos colonnes par notre collaborateur Lamine Sununu Kaba, le dimanche 20/12/2009.

Suite à cela, une question revient régulièrement sur les lèvres des observateurs : Pourquoi vouloir précipiter la sortie de Dadis de l’hôpital, alors que son état de santé est jugé critique ? Une série de réponses pourraient cadrer avec une telle question:

1 – La course contre la montre pour la presence de Dadis en Guinee, pourrait lui éviter de répondre physiquement à une éventuelle inculpation de la CPI.

En effet, si le chef de la junte devait quitter le Maroc, il est fort à parier qu’il ne se présentera pas devant la CPI pour répondre aux accusations portées contre sa personne sur les évènements du 28 septembre. Mieux, ceux qui se battent aujourd’hui pour forcer son retour, sont tous plus ou moins indexés par le rapport de la commission internationale diligentée par les Nations Unies. Une éventuelle arrestation du Capitaine Dadis mettrait à nue tout un réseau, artisan et planificateur de la répression sanglante condamnée par la communauté internationale.

2 – Le clan Dadis chercherait à le faire rentrer pour mettre fin à l’intérim du Général Konaté. Du fait de l'inaptitude physique de Capitaine Dadis à remplir la fonction de chef du CNDD, les dernières semaines ont vu porter le choix de l'intérim sur le Général Konaté. Apparemment, ce choix dérange les extrémistes du régime qui préféreraient avoir un des leurs pour continuer cette politique radicale du CNDD qui fait fi de toutes formes de négociation avec la classe politique. Cette attitude explique la farouche volonté de Moussa Keïta et consorts de maintenir la candidature de Dadis aux échéances électorales prochaines, si bien sur' il y a elections...

Le discours du Général Sékouba qui s’inscrit dans une politique de rectification du programme du CNDD dérange et inquiète les tenants de la ligne dure. D’où les actions croisées de Blaise Compaoré et ses amis de la junte pour affaiblir Konaté, voire lui opposer une résistance, si ce n’est, contester son autorité. Cette tendance s’active pour faire revenir Dadis, même dans une civière, comme ce fut le cas le 4 décembre dernier, lorsqu’on l’a évacué au Maroc. Pour eux, la seule présence de Dadis, en Guinée, même diminué à 80%, suffirait pour reprendre à Konaté la présidence du CNDD et la conduite des affaires du pays, en leur faveur.

3 – Les profits sur l’angle Conakry-Ouagadougou demeureraient intacts: Blaise "médiateur" ou homme d’affaires ?

Blaise Compaoré, soucieux de perdre des partenaires béni-oui-oui, s'acharne à jouer le tout pour le tout, en vue de garder Conakry comme le prolongement de Ouagadougou en termes d'avantages politico-économico-diplomatiques, dirait l'autre. Aux yeux de Blaise Compaoré, rien n'est acquis pour lui avec les reformes entreprises par le Général Konaté depuis qu’il a la conduite du pays.

A ce niveau, il n'est pas surprenant de voir le maître du Burkina assurer l'avocat du diable, contre les options de la communauté internationale résolue à défendre les droits de l'homme et la démocratie en Guinée pour le bonheur de tout un peuple.

Lamine Sununu Kaba et

Ibrahima Capi Camara

Pour la rédaction de Kibarou.com