Le Secrétariat exécutif

DECLARATION LIMINAIRE

Si le Troisième Congrès du Rassemblement National Démocratique (RND) à Thiès occupe une place inédite dans l’histoire du Parti, la date du 13 juillet 2008 marque, quant à elle, un tournant capital dans le déroulement chaotique de ce congrès extraordinaire à tous égards.

Aussi, n’est ce pas par hasard que cette date anniversaire a été retenue pour tenir la toute première conférence de presse du Secrétariat exécutif (SE) issu de ce congrès à nul autre pareil.

Un bref rappel préalable est utile pour situer le contexte.

Entre le Deuxième Congrès de Dakar (octobre 1992) et celui de Thiès (14 juin -10 août 2008), il se sera écoulé près de seize ans, sans que le RND tienne congrès, alors que, d’après ses statuts, il aurait fallu observer une périodicité biennale ! Pire, la convocation du 3ème congrès a fait l’objet de plusieurs renvois par le Secrétaire général (SG) Madior Diouf, successivement en 2004, 2006 et 2007, sous divers prétextes d’ordre matériel ou organisationnel. Ayant vainement tenté d’obtenir un nouveau report lors du Comité Directeur (CD) du 11 mai 2008, qui a confirmé la tenue du Congrès extraordinaire du parti les 14/15 juin au Casino de Thiès, le SG sortant s’est empressé de donner une interview dans un quotidien dakarois, affirmant notamment : « Je vais me retirer de la direction du Parti dans deux ans ». ( voir Walfadjri/L’Aurore N° 4842, du 14/05/08)

De même, après la cérémonie d’ouverture du 3ème Congrès perturbée par l’arrivée tardive et intempestive d’une claque racolée dans les villages du Sine, les travaux du second jour ont été interrompus, juste avant l’élection des instances dirigeantes nationales du Parti. Invoquant le décès par noyade d’une demi-douzaine d’écoliers de Djofior en sortie récréative, dont les parents participaient au congrès, - un prétexte qui se révèlera fallacieux par la suite- le SG sortant a unilatéralement suspendu les travaux, les renvoyant à huitaine et à Dakar.

Dès le lendemain, l’officieux « Le Soleil » avait osé titrer à sa « une » : « Madior Diouf plébiscité par son Congrès »… ! (Voir sa livraison datée du 16/06/08)

En fin de compte, c’est seulement le 13 juillet 2008, soit un mois plus tard, que s’est tenu le CD dit d’ « achèvement », au Relais de l’avenue Cheikh Anta Diop.

Cette session spéciale va, elle aussi, se terminer sans avoir atteint l’unique objectif fixé par son ordre du jour, à savoir le renouvellement des instances dirigeantes du Parti. Car, à l’issue de ses travaux, le SG sortant va, de son côté, s’autoproclamer « reconduit dans ses fonctions par consensus », de même que l’ensemble des autres responsables nationaux ; tandis que, de l’autre côté, plusieurs titulaires du Secrétariat politique (SEPO) sortant lui opposaient séance tenante un démenti formel, déclarant ne plus lui reconnaître dorénavant la qualité de SG du RND…

Cette date fatidique du 13 juillet 2008 marque donc un moment décisif, qui a vu une crise interne et latente devenir ouverte et patente pour le grand public.

La suite des événements va résulter du double constat de la carence du SG sortant, incapable de mener à bien un congrès d’une part, et de l’absence désormais manifeste de toute direction nationale régulièrement constituée, d’autre part. Devant ces évidences douloureuses certes, mais incontestables, la majorité des militants de base et des responsables aux divers échelons a considéré que, le Parti étant en danger de mort, il s’imposait d’agir en urgence pour lui épargner cette funeste destinée. C’est alors que fut prise la décision historique de constituer un Comité d’initiative pour achever le 3ème Congrès.

Au terme de plusieurs semaines d’intense préparation, la session d’achèvement dudit congrès a pu se tenir le 10 août 2008, au Centre Daniel Brottier de Thiès, avec deux points inscrits à l’ordre du jour : adoption des textes résiduels et mise en place des instances dirigeantes.

C’est à l’occasion de cette session dite d’achèvement que le Congrès a d’abord adopté à l’unanimité une motion de défiance, excluant définitivement l’ancien SG des rangs du Parti et élu ensuite, dans les mêmes conditions, son remplaçant, le camarade Dialo Diop, tout comme les autres membres du nouveau SE.

Dès le lendemain, 11/08/08, les principales décisions du Congrès d’achèvement ont été notifiées à l’autorité administrative, conformément à la loi ; la motion de défiance ayant été, quant à elle, signifiée à l’intéressé par voie d’huissier, le 12/08/08.

Depuis lors, la procédure administrative s’est poursuivie avec notamment, une demande de pièces justificatives complémentaires, (dont le procès-verbal de la session d’achèvement), formulée par le Ministre de l’Intérieur, le 22 septembre 2008, et une enquête avec audition des parties, diligentée par les services de la Direction Générale de la Sûreté Nationale , d’octobre à la mi-décembre 2008.

Le 16 avril dernier, il a encore sollicité par téléphone une copie originale des statuts du RND, tels qu’amendés par le 3ème Congrès de Thiès. Si bien que lorsque des informations nous sont revenues dernièrement, indiquant que le Ministre d’Etat aurait « donné acte » à Madior Diouf de sa prétendue « réélection au poste de SG du RND », nous nous sommes borné à lui adresser une simple lettre de rappel, réclamant notification écrite de la conclusion apportée à une procédure bureaucratique qui aura duré près d’une année. A ce jour, cette correspondance est restée sans réponse !

C’est pourquoi le SE a décidé d’informer l’opinion nationale et internationale, afin d’attirer son attention sur la gravité de la situation ainsi créée. Comment une administration qui se dit républicaine peut-elle mettre en balance un pseudo-consensus, immédiatement contesté et censé émaner d’une instance en fin de mandat, face à la décision unanime d’un congrès souverain ?

Aussi, le SE tient-il à réaffirmer solennellement que le RND étant un Parti légalement constitué, indépendant et souverain, les décisions de son instance suprême sont à la fois exécutoires et irrévocables, sauf avis contraire d’un autre congrès. L’autorité de tutelle qu’est le Ministère de l’Intérieur ne saurait donc s’ériger en arbitre ou en juge d’un conflit interne à une association privée, sans outrepasser ses prérogatives. La tradition d’arbitraire et d’imposture, d’abus de pouvoir et de « maa tey », que tente de perpétuer le Parti-Etat PDS ne peut ni ne pourra jamais s’imposer au RND fondé par Cheikh Anta Diop.

Ainsi, toujours fidèle à sa ligne et à ses engagements, le Parti poursuit-il sereinement, sur l’élan de son congrès de sauvetage, son travail de reconstruction et de développement. Plusieurs étapes ont d’ores et déjà été franchies durant l’année écoulée, parmi lesquelles il convient de souligner :

· l’acquisition de la permanence nationale « Daraay Seex Anta Joob » en octobre 2008 ;

· le lancement de nouvelles cartes de membres ;

· la tenue de la Deuxième Conférence du Mouvement des Jeunesses Panafricanistes Cheikh Anta Diop, (MJPCAD) avec renouvellement de son bureau, le 10 janvier 2009 à Dakar ;

· la première session ordinaire du CD issu du 3ème Congrès, le 12 avril 2009, à Dakar ;

· l’élection du premier maire de l’histoire du Parti, à la tête de la commune d’arrondissement de Pikine –Nord, dans le cadre de la coalition Benno Siggil Senegaal lors des locales du 22 mars dernier ;

· la reprise, aujourd’hui même, de la diffusion du journal du RND, avec le numéro « Taxaw Spécial 3ème Congrès », qui contribuera sans doute à éclairer l’opinion.

Par ailleurs, le travail de restructuration et de redynamisation du Parti s’effectue pas à pas, à travers le pays comme dans la diaspora. Enfin, la convocation de la 3ème Conférence Nationale du Mouvement des Femmes Jigeeni Ndeer est prévue dans le courant de l’année 2009.

C’est dire que le RND continue patiemment son effort collectif pour réoccuper sa place et apporter sa contribution à l’action démocratique de masse, qui représente la meilleure voie pour venir à bout d’un clan familial d’usurpateurs et de prédateurs acharnés mais désemparés, dont l’incurie et l’impéritie avérées menacent la survie du pays et de ses habitants.

Le RND poursuit donc résolument et imperturbablement sa route. Rien ni personne ne pourra l’en empêcher.

Ku bëreey daan !

Dakar, le 13

Pour le

Secrétariat exécutif du RND

Le Secrétaire général

Dialo Diop