François Louceny Fall à Paris : « La candidature de Jean Marie Doré est un principe non-négociable…»

Ce jeudi 18 mars 2010, le forum des forces vives section France a reçu le nouveau porte-parole des forces vives M. François Lonsény FALL président du FUDEC à la maison des associations du 20è arrondissement de Paris.

Après la minute de silence observée à la mémoire de toutes les victimes dans la lutte pour la liberté et la démocratie en Guinée depuis 1958, le conférencier a rappelé qu’il s’exprimait en qualité de représentant et porte-parole des forces vives et non pas en tant que président du FUDEC : « je souhaite que désormais le porte-parole des forces vives rencontre tous leurs militants tant à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays. »

Revenant sur les derniers évènements en Guinée, relatifs à la mise en place du processus de transition, M. FALL a affirmé que tout est parti du 28 septembre 2009 : « a tentative d’assassinat le 3 décembre n’est qu’une conséquence des évènements du 28 septembre. »

Sur la nomination de Jean-Marie DORE à la primature, le porte-parole des forces vives a fait un long exposé sur les coulisses et les tractations ayant conduit à ce choix qui, selon lui, a été fait dans le respect strict des normes démocratiques : « nous nous sommes réunis à la demande du général KONATE pour choisir un premier ministre et nous avons retenus 3 critères : la nationalité, l’expérience dans l’administration des affaires publiques et enfin sur les diplômes ».

A l’en croire, c’est sur ce dernier critère que Jean-Marie Doré fut choisit: « aucun des deux candidats (Jean-Marie Doré et Hadja Rabiatou Sérah Diallo, ndlr) ne voulait céder, mais pour éviter l’implosion, puisqu’on en était pas loin, on a fini par trouver un compromis » confesse-t-il. Toutefois, il a déclaré regretter l’absence notoire des femmes et des guinéens vivant à l’étranger dans la composition des membres du gouvernement. Sur la même ligne de mire, le nouveau porte-parole des forces vives a déclaré que les forces vives n’ont pas été consultées ni dans l’augmentation des effectifs du CNT de 101 à 155 membres, ni dans le choix des personnes ressources.

Sur la question du vote des guinéens de l’étranger à laquelle le public attendait des explications, François FALL n’a pas usé de langue de bois; il a accusé Bah Oury le vice-président de l’UFDG d’avoir fait des déclarations et des publications contraires à leurs accords: « nous n’avons jamais refusé le vote des guinéens de l’étranger, on connait toutes les luttes menées à partir de l’étranger pour être au stade où nous sommes aujourd’hui ».

Il a profité pour rendre un hommage émouvant à tous ceux qui se sont battus pour l’instauration de la démocratie et d’un Etat de droit en Guinée. Il a dressé une liste « non exhaustive » précise-t-il de personnalités et d’anonymes décédées ou encore en vie comme Siradiou DIALLO, BA Mamadou, Ibrahima Baba Kaké, Djibril Tamsir Niane, Bana Sidibé, Jean-Claude DIALLO entre autres…

Par rapport à la candidature ou non de Jean-Marie DORE, il a réaffirmé sa confiance en lui : « nous étions opposés à la candidature de Dadis et des membres du CNDD et Jean-Marie incarne les valeurs des forces vives et il sait pourquoi les gens sont morts (…) d’ailleurs le général Konaté a annoncé que c’est un principe non négociable, en plus, il n’a jamais dit qu’il sera candidat donc on s’en tient à ça ». En évoquant l’avenir des forces vives, le conférencier a émis le souhait de voir vivre les forces vives même après les élections. « On a tout intérêt que cette campagne ne détruise pas la Guinée , on ne doit pas faire pire que le 28 septembre, sinon on se serait battu pour rien…» selon lui, les guinéens n’ont plus le choix « on a deux voies soit le chaos ou la voie royale qui nous mènera vers la paix et le développement… »

Pour finir, François Fall a invité la diaspora guinéenne à contribuer à la construction d’une Guinée nouvelle car selon lui, la première richesse de la Guinée se sont ses ressources humaines tant à l’intérieur qu’à l’extérieur(…) du docteur à l’ouvrier, tous les Guinéens peuvent apporter quelque chose en Guinée, « on ne peut pas vous oublier, on ne peut pas non plus nous passer de vous, a conclu le porte-parole des forces vives guinéennes ».

Une contribution de Souaré Aliou