La rencontre des autorites Guinéennes et le Groupe International de Contact à Conakry apres plusieurs mois d'absence
Ce groupe composée des représentants de la CEDEAO, de l'Union africaine, de l'Union européenne et des nations unies, était co-présidée par le Dr. Mohamed Ibn Chambas, de la CEDEAO et Ibrahima Fall de l'Union Africaine(...)
Ce groupe composée des représentants de la CEDEAO, de l'Union africaine, de l'Union européenne et des nations unies, était co-présidée par le Dr. Mohamed Ibn Chambas, de la CEDEAO et Ibrahima Fall de l'Union Africaine. Dr. Ibn Chambas et Mr.Ibrahima Fall ont tour à tour prisla parole pour declaré être spécialement venu à Conakry (après leur rencontre à Ouaga) pour remercier le général Sékouba Konaté pour son courage patriotique à redonner un nouvel élan à la transition et encourager son engagement à organiser rapidement des élections libres et transparentes. Ils ont ensuite annoncé que leurs réunions (délocalisées depuis le durcissement de la dictature de l'ancien chef de la junte, Dadis Camara, culminant avec les massacres et viols du 28 septembre 2008) se tiendront dorénavant à Conakry.
Prenant la parole, le valeureux général Sékouba Konaté a réitéré sa volonté à poursuivre sans perte de temps à la restitution du pouvoir aux civils, à travers l'organisation d'élections libres et transparentes. Revenant sur le passé, le président de la transition a révélé qu'après leur coup d'État, le principal objectif était d'organiser des élections libres et transparentes. « En prenant le pouvoir le 23 décembre, notre initiative était d'organiser les élections. Mais, il y avait un problème d'expérience et trop de démagogues qui nous ont trompé. » Attribuant alors leur échec à l'inexpérience et à l'apparition des démagogues, le successeur de Dadis Camara a promis que la transition guinéenne est désormais partie du bon pied. « L'essentiel, c'est de savoir qu'on s'est trompé et de corriger ses erreurs », a fait remarquer le général Konaté ; actuellement chouchouté par de millions de ses compatriotes et la communauté internationale, qui voient en cet officier supérieur un acteur déterminé à entrer positivement dans l'histoire politique de la Guinée.Le président de la transition l'a confié aux émissaires de la Cedeao, de l'Union africaine et de l'ONU qui se sont rendus le 22 janvier à Conakry, pour soutenir ses efforts de normalisation de la situation.
Parlant de ces espoirs suscités par la détermination de Konaté à offrir à la Guinée l'opportunité de faire ses premières élections libres et transparentes, le représentant de l'Union africaine a déclaré : « Nous voyons dans votre acceptation à diriger cette transition un acte patriotique qui va au-delà de votre personne et projette le peuple guinéen de nouveau dans l'histoire de la sous-région et du monde, tout comme il y a plus de 50 ans, le peuple guinéen avait montré la voie au reste de l'Afrique. »
"Vous pouvez compter sur nous", a promis le général Konaté, tout en indiquant que pour réussir la transition, la junte et son gouvernement comptent sur le soutien et l'assistance financière de la communauté internationale. "Nous vous demandons encore de l'aide, parce qu'actuellement, nous avons des problèmes. Nous n'avons ni aide de la Banque mondiale, ni du Fonds monétaire internationale. Nous avons perdu aussi la refonte de l'armée, car il faut beaucoup de moyens", a déploré le chef intérimaire de la junte et président de la transition.
Les panneaux à la gloire de Dadis Camara n’ont pas encore totalement disparus des rues de Conakry mais une page semble bel et bien tournée dans la capitale guinéenne. Sur les voitures, à l’entrée des échoppes, c’est désormais le portrait du général Sékouta Konaté qui s’affiche.
Pour nombre d’habitants rencontrés aujourd’hui, le nouvel homme fort guinéen a entre ses mains toutes les cartes pour permettre un changement politique attendu de longue date. Lui seul, expliquent certains, dispose de l’autorité nécessaire pour faire rentrer les militaires dans les casernes.
Plus important encore, le général Konaté, qui ne semble jusque-là guère intéressé par le pouvoir, pourrait rentrer dans l’histoire en permettant l’organisation des premières élections libres en Guinée. C’est aujourd’hui la priorité des Conakryens mais aussi de la communauté internationale et selon certains leaders politiques, le Nigeria a déjà proposé, ce vendredi 22 janvier, de mettre la main à la poche pour relancer les activités de la commission électorale.
Reste maintenant une inconnue : quelle va désormais être l’attitude des proches de Dadis Camara qui voient leur pouvoir s’effilocher de jour en jour. La tension est retombée à Conakry, les militaires sont moins visibles. Mais comme le disent de nombreux habitants, si l’espoir est revenu, il faut rester prudent et vigilant.
Moussa Conde depuis Conakry pour afropresse.com