Vers une transition démocratique en Guinée ?

Près d’un an après le coup d’Etat qui porta au pouvoir la junte militaire dirigée par Moussa Dadis Camara, celui-ci a été victime d’une tentative d’assassinat et remplacé par le général Sekouba Konaté. Le désormais président par intérim, M. Konaté se retrouve donc à la tête de la transition démocratique de son pays qui doit aboutir à la première élection présidentielle libre depuis l’indépendance du pays en 1958. Ses premiers discours, début janvier 2010, avait surpris la Communauté internationale car ils laissaient entendre sa volonté réelle du retour a une légalité démocratique. Plus d’un mois plus tard, il semble toujours vouloir tenir ses promesses.

D’après son entourage, « il n’a aucune ambition présidentielle et s’en ira après la transition ». Et il est difficile de ne pas y croire. En effet, Sekouba Konaté a pris la décision de ne pas gouverner, contrairement à son prédécesseur Dadis Camara. Il ne siège donc pas au Conseil des ministres, et laisse toute sa liberté de mouvement au Premier ministre du gouvernement d’union nationale, Jean-Marie Doré. Il semble vouloir éviter de se mêler au processus de transition. D’après son porte-parole, le commandant Mandjou Dioubaté, « c’est une affaire politique et nous la laissons aux politiques. Nous avons beaucoup appris des douloureux événements que notre pays a traversés ». Il est vrai que M. Konaté ne s’est prononcé publiquement sur aucunes des querelles entre les différents acteurs de la transition. D’après les analystes politiques du pays, sa principale tâche actuellement est de garder un œil sur l’armée guinéenne. Le 12 mars, par exemple, il a publiquement menacé les soldats qui tenteraient de saboter le processus de démocratisation en cours. D’après lui, certains militaires organiseraient des réunions secrètes à Conakry et dans sa périphérie, dans le but de préparer des actions de déstabilisation. Mais surtout, il signe des décrets, dont celui du 7 mars qui fixe au 27 juin prochain la date du premier tour de l’élection présidentielle et qui nomme les 155 membres du Conseil national de transition, proposés par sa présidente, Hadja Rabiatou Serah Diallo. Il joue également le rôle d’ambassadeur pour plaider la cause de son pays et effectue de nombreux voyages. Il se rend à Tripoli, Abuja, Dakar, Bamako, Banjul, Rabat, bientôt Ankara …, démontrant ainsi qu’il est devenu bien plus « fréquentable » que son prédécesseur. Désormais, nombreux sont ceux qui croient en la transition démocratique guinéenne.

Billo Sanoh