Seuls Sékou Konaté, Alpha Condé, Bah Baadikko, Cellou Dalein et Lansana Kouyaté se sont acquittés de leurs droits

CONAKRY : «Nombreux sont les partis politiques guinéens qui nous ont reçus dans les domiciles ou dans les bureaux, mais non dans les sièges. En plus, il semble exister entre ces partis une forte suspicion due à de clichés de complexe d'infériorité ou de supériorité.

Enfin, une quarantaine de partis politiques, sur les 57 signataires du code de bonne conduite, sont épinglés aujourd'hui pour non paiement des cotisations qui s'élèverait à près de 25 millions de francs guinéens.»

C'est en substance le contenu du « Rapport d'activités » publié, le 11 Août dernier, par le Directoire de la commission de suivi du Code de bonne conduite des partis politiques guinéens, lequel a été mis en place en février dernier en Guinée, sous l'impulsion de l'Institut Démocratique National.

Il importe de rappeler qu'une cinquantaine de partis politiques guinéens signataires du Code de bonne conduite politique sur les 85 agréés de nos jours, ont récemment mis en place une commission de suivi qui a pour mission l'application effective des principaux engagements pris par les différents signataires et qui porte création d'un climat politique sans violence, avant, pendant et après les élections. Comme ce fut le cas en Cote d'Ivoire, au Kenya, au Togo ou au Zimbabwe.

Mais aujourd'hui, ladite commission est confrontée à un manque de budget de fonctionnement.

Et pour cause ? Une quarantaine de partis politiques, et non des moindres, sont épinglés pour non paiement des cotisations. Ce sont : ADN, AND, ANP, ARENA de Sékou Koureissy Condé, ADD, ARG, AGUINO, ADEGUI, DYAMA, La Convergence des Patriotes de Guinée, le FUDEC de Louncény Fall, MEAG, MODECO, MDP, MPPG de Soriba Sorel Soumah, NGR de Abe Sylla, NFD de Mouctar Diallo, PAD, PDA, PDEG, Parti Ecologiste de Guinée, PDG- RDA, PGUD, PLD, PUD, PRPAG, PSDG, PS, PRN, PRG, PNG, PUL, PGT, PPD, PND, RDD, RPD, RGT, RNP, RGD, UGD, UNP, UNPG. Et d'après les textes en vigueur, les cotisations des partis membres, fixées à cent mille francs par mois, constituent les frais de fonctionnement de la commission de suivi.

Pour les six mois écoulés, allant de février à juillet 2009, seuls cinq partis se sont acquittés de leurs droits, notamment le PUP de Sékou Konaté, le RPG de Alpha Condé, l'UFD de Bah Baadikko, l'UFDG de Cellou Dalein, le PEDN de Lansana Kouyaté.

Les partis qui doivent des arriérés sont au nombre de 9 : 400 mille pour l'UPR de Bah Ousmane, même montant pour l'UFR de Sidya Touré, 500 mille pour le MDP, 500 mille pour l'UPG de Jean Marie Doré, 300 mille respectivement pour La Cause Commune de Malick Sankon, le PPG de Charles Pacal Tolno, l'UDG du richissime homme d'affaires, Elhadj Mamadou Sylla et le PGC et 100 mille pour l'UDR.

D'après la trésorière de la commission de suivi, Mme Kadiatou Dalaba Baldé, sur les 5 millions et demi de francs disponibles dans la caisse, seulement 1 891 000 francs ont été dépensés. Mais peu avant la trésorière, le président de ladite commission, Kourouma Sékou a pris la parole pour dresser le bilan des activités que son directoire a réalisé en six mois :

«Depuis notre installation, nous avons tenu plus d'une vingtaine de rencontres qui se sont soldées par la production d'un plan d'action opérationnel destiné à la mise en place du code de bonne conduite qui a obtenu la signature de 57 partis sur les 85 agréés.

Puis, la distribution d'une importante série de documentation sur ledit code aux acteurs politiques et enfin l'organisation d'une campagne de prise de contact avec les Etats major des différents partis politiques» a- t- il déclaré.

Concernant les leçons à tirer de ces visites de prise de contact au sein des sièges des partis politiques, le président de la commission de suivi, Sékou Kourouma, a fait ces constats : La plupart des partis visités ne semblent pas disposer d'un siège, très souvent, les équipes du directoire ont été reçues soit dans les domiciles, soit dans les bureaux.

Il semble exister entre les partis politiques une forte suspicion résultant de stéréotypes ou de clichés nourris par un complexe d'infériorité chez les partis dits «petits» et un complexe de supériorité de la part des partis dits «grands». La quasi-totalité des partis politiques visités regrette l'absence d'un cadre de concertation en marge du forum des forces vives .

La plupart des partis visités ont souligné avec beaucoup d'insistance la nécessité de mettre en place les démembrements de la commission de suivi du code de bonne conduite à l'intérieur du pays.

Au regard de tout ce qui précède, le directoire qui constitue l'outil de travail au service des signataires, a suggéré aux acteurs politiques : la diffusion du contenu dudit code sur toute l'étendue du territoire national, le paiement intégral des cotisations mensuelles, l'instauration d'un cadre de concertation afin de promouvoir le dialogue politique, le démembrement de la commission du suivi.

Après la brillante intervention du Directeur, Raphaël Ouattara, la parole est revenue aux différents participants pour un débat intéressant, mais houleux.

Mais tous ont vivement salué les efforts des organisateurs pour la promotion de la démocratie en Guinée. Le directoire a été également félicité dans son rôle de rapprochement des acteurs politiques, de régulation et d'animation de la vie politique nationale.