L'ONU qualifie le massacre du 28 septembre de "crime contre l'humanité" Dans un rapport que le quotidien "Le Monde" s'est procuré, la commission de l'ONU chargée d'enquêter sur les massacres perpétrés le 28 septembre dans un stade de Conakry parle de "crime contre l'humanité".
Reuters - Le massacre de plus de 150 opposants par les forces de sécurité guinéennes le 28 septembre dans un stade de Conakry relève du crime contre l'humanité, estime l'Onu, selon Le Monde daté de mardi.
Le quotidien français dit avoir pu consulter le rapport que la commission des Nations unies sur ces massacres a remis le 19 décembre au Conseil de sécurité de l'Onu.
"La commission considère qu'il existe des raisons suffisantes de présumer une responsabilité pénale directe du président Moussa Dadis Camara", peut-on lire dans un extrait du rapport qui parle de "crime contre l'humanité".
Selon Le Monde, les trois rapporteurs décrivent non pas unejournée d'affrontements politiques qui aurait mal tourné, mais une série de tueries "systématiques", de viols et d'actes de torture "organisés" contre une partie de la population.
Ils réclament la saisine de la Cour pénale internationale et nomment plusieurs personnes de l'entourage direct de Moussa Dadis Camara comme présumées responsables, avec lui, de ces crimes contre l'humanité commis pendant trois jours pour intimider tous ceux qui contestaient l'intention du chef de la junte militaire au pouvoir depuis 2008, de se présenter à l'élection présidentielle de 2010.
L'ONG américaine Human rights watch, qui a publié la semaine dernière les résultats d'une enquête menée en octobre, assureque Moussa Dadis Camara est impliqué dans l'organisation de cette tuerie.
Des militaires avaient ouvert le feu sur la foule rassemblée dans le grand stade de la capitale pour protester contre le régime au pouvoir, faisant 157 morts et un millier de blessés selon une association locale de défense des droits de l'homme.
La France soupçonne le capitaine Moussa Dadis Camara d'avoir, de près ou de loin, participé à la décision d'ouvrir le feu.
Moussa Dadis Camara, qui nie toute impication, a été agressé le 3 décembre par un de ses lieutenants qui craignait d'être tenu pour responsable de ce bain de sang. L'état de santé du capitaine, qui a été transféré au Maroc où il est hospitalisé,demeure un secret d'Etat en Guinée.