Lors de son point de presse animé mercredi, le chef de la junte militaire, capitaine Moussa Dadis Camara s’est vivement élevé contre les opérateurs économiques peu scrupuleux qui profitent du mois saint de ramadan pour augmenter les prix des denrées de première nécessité.

Comme d’habitude et contrairement aux autres pays de la ouma islamique, les commerçants guinéens, eux, ont toujours choisi le mois de ramadan comme le moment favorable pour s’enrichir sur le dos des pauvres populations déjà fortement éprouvées par la misère quotidienne.

C’est pour mettre fin à ce genre de pratiques et soulager le panier de la ménagère pendant ce mois béni de Dieu que le capitaine président a menacé de sévir et de retirer la licence à tout opérateur qui tenterait de se livrer à une augmentation fantaisiste des prix.

« Nous leur avons dit qu’il y a le libéralisme économique. Qu’ils peuvent vaquer à leurs occupations et vendre librement… Mais ils doivent comprendre que c’est le mois de ramadan qui arrive. Ainsi, tout commerçant ou tout importateur qui se hasarderait à augmenter les prix verra sa licence purement et simplement retirée. S’ils gagnent de l’argent c’est parce que nous leur garantissons la paix et la liberté, c’est parce qu’il n’y a pas la guerre… Ils doivent comprendre que s’ils sont riches aujourd’hui, leurs richesses proviennent de ces pauvres populations… C’est parce qu’il y a le laisser-aller et le laisser-faire… » a-t-il indiqué.

Le chef de la junte a mis aussi en garde tout opérateur économique qui tenterait de le corrompre ou de donner de l’argent aux membres de sa famille. « Je vous demande simplement de soulager la population. Votre argent, il faut le garder car je n’en ai pas besoin … »

Toujours est –il que cette mise en garde du patron de la junte ne semble pas, en tout cas pour le moment, produire ses effets sur le marché, car le kilo de sucre, (pour ne citer que ce produit) qui était vendu il y a juste une semaine à 3500 francs, se vend aujourd'hui à 4500 FG.

Dadis réussira t-il là où Conté a échoué ? Car l’on se rappelle que le général Conté était allé jusqu’à acheter du riz qu'il a remis aux différents chefs de quartiers de Conakry pour qu’ils le revendent à la population à un prix relativement bas. Mais comme nous le savons tous, cette expérience avait échoué, car ce riz destiné à soulager la population avait été, pour la plupart, détourné par ces chefs mêmes chefs de quartiers. Qui a dit que les mauvaises habitudes ont la vie dure ?