Des instructeurs militaires sud-africains et israéliens, embauchés par la junte

Selon des témoins, des instructeurs militaires sud-africains et israéliens, embauchés par la junte de la Guinée, forment des recrues pro-junte dans un camp à Forecariah (100 kilomètres au sud de Conakry).

Les nouveaux soldats recrutés par la junte, qui s’est emparé du pouvoir en décembre 2008, sont formés dans un camp qui autrefois hébergeait des réfugiés de la Sierra Leone à l'extérieur de Forecariah.

Environ 40 instructeurs militaires forment des soldats "recrutés" sur la base de leur appartenance ethnique". Ils appartiennent au même groupe que le Capitaine de leader de junte Moussa Dadis Camara, ont constaté des témoins contactés par téléphone.

"Vous pouvez les reconnaître par leurs uniformes où il est inscrit instructeur sur le dos", a déclaré à l’AFP un policier local intérroger par téléphone depuis Dakar.

"Dadis se prépare à sauver son régime en cas d’ennui," a dit un autre policier parlant sous le couvert de l'anonymat. Selon un observateur local , Dadis Camara veut "s'assurer que son groupe ethnique domine l'armée".

Depuis que Dadis Camara s’est emparé du pouvoir en décembre 2008, les tensions politiques n’ont cessé de s’accroître dans le pays. Le 28 septembre, ces tensions ont atteint l’irréparable lorsque les forces de sécurité ont exécuté des manifestants, tuant 160 personnes et en blessant près de 1700. Les témoignages sur les préparatifs et l’organisation de la tuerie dans les minutes qui ont précédé l’ouverture du feu – positionnement des unités, ordres donnés à l’intérieur du stade par la chaine de commandement - laissent à penser qu’elle était préméditée. Ils ont ensuite mené une campagne de terreur sans précédent, usant du viol et de la torture comme outil de répression contre les partisans de l’opposition.

En réponse au mécontentement de la rue face aux signes évidents de sa volonté de s’enraciner au pouvoir, la junte avait déjà paralysé le processus de transition démocratique, et rejeté la création du Conseil national de transition, un comité consultatif inclusif destiné à contrôler ses décisions. Les opposants devinrent alors la cible de menaces et d’arrestations. Sur les médias nationaux, les discussions politiques étaient censurées. Au vu de la situation, l’union des partis politiques d’opposition et de la société civile, les ‘Forces Vives’, avait décidé de suspendre le dialogue avec la junte.

Au cours du mois dernier, la CEDEAO et l’Union Africaine ont réagi avec une fermeté remarquable face à la détérioration de la situation guinéenne. Dadis Camara et la cohorte d’officiers retranchés derrière lui tablent sur l’enlisement des négociations pour rester au pouvoir, gagner du temps, et finalement laisser passer l’orage de la condamnation régionale et internationale. C’est sans aucun doute en Guinée que doit cesser une fois pour toute la tendance actuelle du retour au pouvoir des militaires sur le continent, à travers coups et élections truquées. Le status quo ne peut mener qu’au chaos. Il est encore temps de l’éviter.