L’Amérique pleure le dernier patriarche du clan Kennedy
Après une vie consacrée à l’engagement politique, le Sénateur Ted Kennedy a finalement succombé ce mardi 25 août 2009 à l’âge de 77 ans, à la tumeur cérébrale qui l’avait affaibli un peu avant l’arrivée de son protégé Barack Obama à la maison blanche.
Nous avons perdu le centre irremplaçable de notre famille et la lumière joyeuse de nos vies ; mais ses inspirations, optimisme et persévérance resteront à jamais dans nos cœurs (…). Nous remercions tous ceux qui lui ont apporté leur soutien au cours de l’année écoulée et tous ceux qui ont été présents à ses cotés depuis tant d’années dans sa quête inlassable de justice, d’équité et de chance pour tous » C’est en ces termes que la famille Kennedy s’est exprimée dans un communiqué annonçant la mort de Edouard Kennedy alias Ted.
Cette déclaration de la famille vient démontrer combien de fois ce monument politique était adulé par ses congénères et ses collaborateurs du Sénat que les plus jeunes sénateurs aimaient appeler « uncle Teddy ».
Affaibli par le cancer et revigoré par l’investiture de Barack Obama, le 20 janvier 2009 à Washington, l’apothéose de son dernier combat, le dernier patriarche de la famille Kennedy enflamme la convention des Démocrates de Denver par cette petite phrase jalousement gardée dans les archives du Parti des Démocrates : « Rien n’aurait pu m’empêcher d’être dans cette salle ce soir… ». Certes cette phrase peut paraître anodine aux yeux de celui qui ne connaissait pas la précarité de son état de santé en ce 25 août 2009. Mais elle était pleine de significations pour Barack et les Démocrates.
L’épilogue d’une vie commencée dans la chaleur d’une famille nombreuse : Benjamin d’une famille de neuf enfants, jeune homme prometteur, sénateur à 30 ans, charmeur très séduisant. Mais la tragédie frappe très tôt : ses deux frères assassinés John et Robert, son fils amputé d’une jambe à cause d’un cancer, lui-même rescapé de justesse d’un accident d’avion.
Comme pour perpétuer la série noire des décès dans la famille Kennedy, Teddy est mort à moins d’un mois après sa sœur aînée Eunice Kennedy Shiver, décédée le 11 août dernier.
Mais c’est surtout en 1969 que son destin politique basculera quand sa voiture plonge dans une rivière, sa passagère, une collaboratrice meurt noyée. Cet accident le hantera très longtemps. Puisque sa première candidature pour la maison blanche sera compromise à cause de cet accident pour lequel il était tenu pour responsable.
Né le 22 février 1932 et diplômé de Harvard comme Barack Obama, Edouard Moore Kennedy demeurera sénateur, l’un des plus influents dans l’histoire des Etats-Unis.
Toute sa vie il se battra pour un meilleur système de santé, pour la justice sociale, contre la pauvreté. Il s’opposera aussi farouchement contre la guerre en Irak.
Dernier acte, le rideau tombe la nuit du mardi 25 août 2009 dans sa maison familiale de Hyannis Port au bord de l’atlantique, la mer qui avait bercé ses rêves d’enfants.
Après le recueillement sur sa dépouille mortelle ce vendredi 27 août à Boston en présence de sa femme Victoria Kennedy et ses enfants son inhumation est prévue pour ce samedi 28 août 2009 dans le cimetière d’Arlington à Washington.
Pour la circonstance, le Président Barack Obama interrompt ses vacances pour prononcer un discours de remerciement à celui qui a été un puissant appui à sa candidature lors des primaires démocrates en 2008.
Aussi trois jours de deuil seront-ils décrétés pour rendre hommage à celui que le leader de la majorité démocrate au Sénat, le sénateur de Nevada, Harry Reid a qualifié de lion avant d’ajouter que « le puissant rugissement du lion est peut-être fini mais son rêve ne mourra jamais. Le rêve de Ted Kennedy était celui pour lequel se sont battus les pères fondateurs et que ses frères ont tenté de transformer en réalité ».
Prions alors pour le repos de l’âme du Lion.
Bangaly Condé « Malbanga »