Qui veut saboter la transition ?
Après une bataille d’arrière garde menée au sein du conseil national de Transition (CNT) pour exclure de la course à la magistrature suprême, le professeur Alpha Condé et d’autres acteurs de la vie politique guinéenne, celle d’une génération qui a lutté contre les pouvoirs successifs pour arracher l’ouverture et la démocratisation, c’est finalement un texte inclusif qui va permettre aux différents candidats à l’élection présidentielle et législative de se présenter devant les électeurs. Le général Sékouba Konaté qui a entrepris une tournée dans la région voisine (Sénégal, Gambie, Mali, Côte d’Ivoire ) n’en démord pas. Comme il a pu en rendre compte tout dernièrement dans sa visite auprès du président ivoirien Laurent Gbagbo. Celui-ci, dans la crise guinéenne où il a voulu observer une position de stricte neutralité, a d’autres soucis, depuis que les services de renseignements ivoiriens font état de la liaison « coupable » entre des proches (agissant librement ou sur commande) du capitaine Moussa Dadis Camara en convalescence à Ouagadougou et certains éléments se réclamant des Forces nouvelles.
On se souvient au faite de son pouvoir à Conakry, un certain nombre de personnalités issues des Forces nouvelles, dont le ministre Sidiki Konaté, ne cachaient plus leur intention d’appuyer le capitaine Dadis, en vain. La Guinée se pose aujourd’hui deux types de problèmes, celui politique entretenu par certains acteurs de la transition, d’un côté, la présidente du CNT, Hadja Rabiatou Sera Diallo, qui a tendance à prendre le CNT comme un parlement élu, avec des exigences de formalisme envers les autres, qu’elle est loin de s’imposer à elle. Notamment de manière unilatérale, lorsqu’elle pense décider à la place de 155 membres du CNT, tous nommés par consensus, pour décider certaines décisions. On l’a vu lors des dernières négociations sur l’adoption de la loi électorale, ou selon de nombreux membres, elle aurait agi sortant d’une neutralité pouvant faire transparaître ses choix pour l’un des candidats qui ne seraient pas ceux contre lesquels elle voulait faire prendre une mesure d’exclusion par le plafonnement l’âge des candidatures. « En fait, une constitution anti Alpha Condé fixant la limite d’âge à un niveau d’exclusion ou de limitation de mandat à un simple quinquennat.
En fait, la présidente Rabi pense que le CNT a une légitimité que les autres acteurs de la transition n’ont pas. Alors qu’on ne nous demande pas d’écrire une constitution mais de créer un cadre légal qui peut permettre d’aller aux élections, et les futures institutions élues feront le travail » déclare un membre du CNT. « Exiger un référendum par exemple, alors que le CNT lui-même n’a bénéficié d’une telle mesure, un collège de médecin choisi par la Cour constitutionnelle pour examiner les candidats, au lieu du traditionnel médecin privé de chacun » tout cela est fait à dessein, les gens ne comprennent pas que personne ne peut être exclu, ils ont déjà abaissé l’âge légal à 35 ans ». Déclare un autre. L’autre problème peut être celui du gouvernement Jean Marie Doré dont certains acteurs multiplient les questions préjudicielles et des mesures aléatoires, pour retarder le processus électoral, sans compter les nouvelles personnalités venues à la politique et qui tardent à se faire une place, malgré les nombreuses caisses de conversion dont elles sont porteuses. L’autre volet de la crise, est bien sûr sécuritaire, car pourtant certains aigris de l’ancien système militaire, l’équation reste la même : comment faire entrer de nouveau le capitaine Moussa Dadis Camara dans le jeu, comment affaiblir politiquement Sékouba Konaté, comment créer une indiscipline armée qui serait fatale au processus et permettrait à ceux qui avaient monté la tête à Moussa Dadis Camara, de gagner encore du temps…
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